La semaine dernière,
Dieudonné se produisait à Brest. Suite à
différentes pressions, les salles où il devait se produire ont
toutes annulées. Toutes les affiches sont retirées aussitôt mises
et la promotion est inexistante. Il fallait donc trouver rapidement
une solution et l'idée qui a germé a été de se produire dans un
bus.
Nous sommes environ
une bonne soixantaine à monter dans le bus où un petit groupe de
gens, au physique et à l'attitude de facho, gueule à tout va
"ni dieu, ni maître, ni dieudonné". Accueil des plus
sympathique donc, surtout que ces types ne veulent pas discuter,
préférant beugler des slogans faciles.
Bref, le bus nous emmène sur le port où Deudonné nous attend. Voire Dieudonné monter dans le bus garé sur ce parking quasiment désert a quelque chose de surréaliste tant la situation est étrange mais amusante. Le spectacle se déroule donc dans des conditions précaires mais qui donne finalement beaucoup de charme à cette représentation.
Après une bref introduction où il explique la situation (qui à l'air de l'amuser), Il revient sur l'affaire Le Pen/Faurisson, en se foutant de leurs tronches au passage :
- Le Pen : "lorsque je l'appelle pour lui demander d'être le parrain de mon fils Judas, je lui demande si je ne dérange pas. Réponse : "non, j'étais dans le jardin, je torturais un chat, mais là tu peux y aller, j'ai 5 minutes, il est en train de sécher les tripes à l'air".
- Faurisson : "lui, on l'a trouvé en fouillant dans les poubelles de l'histoire. Pas croyable, le type, il conteste tout". Je lui parle de Gorée, haut lieu de pèlerinage de l'esclavage, il me répond : "c'est juste un décor de cinéma !". Là, je lui dit, "chien de gitan, toi, t'es un bon".
Au Zénith, il lui fait remettre le prix de l'infréquentabilité et de l'insolence (on a vu plus gratifiant) par son régisseur déguisé en déporté juif. Il faut savoir que ce personnage était dans son spectacle depuis 6 mois et que jusqu'à présent, ça n'avait pas choqué grand monde. C'était en fait une caricature d'une loi que Sarkozy voulait pondre : il souhaitait que tous les enfants de primaire apprennent le nom d'un enfant juif déporté. Dieudo voulait aller plus loin en proposant qu'il soit obligatoire d'avoir un personnage de déporté dans tous les spectacles. C'est sûr, c'est de la provoc' trash et ce n'est pas forcément fin mais il n'y a pas de quoi fouetter un chat, surtout qu'il n'y a eu aucun propos antisémites de tenus. En fait il a surtout voulu montrer le 2 poids 2 mesures. Personne dans les médias n' a fait référence ou ne s'est outragé que Faurisson nie l'existence de Gorée. Du coup, ça aurait été intéressent qu'il lui fasse remettre le prix par un personnage déguisé en esclave en plus de l'autre personnage. Le Pen, comme Faurrisson, était juste pour lui un gros coup marketing ("tu sais combien ça coûte une campagne promo sur TF1, j'avais pas les moyens !"). Les médias le présentent comme un militant frontiste alors qu'il n'a jamais appelé à voter Le Pen et a soutenu José Bové durant les dernières présidentielles. Il s'est toujours réclamé d'extrême gauche. Et puis personne n'a trouvé étrange que quelqu'un de profondément anti religion, et qui appelle son fils Judas, fasse baptiser son enfant !

Il s'attaque ensuite
au gouvernement Bush, au génocide pygmée, aux dictateurs africains
et finit par une petite imitation de Nougaro sur
fond de Kamikaze palestinien. Drôle, trash et provocateur, il faut
vraiment être de mauvaise fois pour ne pas reconnaître sa qualité
d'acteur et d'écriture. Finalement, son spectacle, à l'humour très
noir et à prendre au 3e degré, est savamment dosé et il n'y a pas
de fixette sur les juifs. On est très loin d'un meeting du FN comme
le prétendent les médias ou de "la plus grande réunion
antisémite depuis la dernière guerre" comme l'a
déclaré Bernard Henry Lévy.
Dieudonné s'excuse à la fin du prix un peu élevé des places (25 euros) mais son équipe doit improviser au jour le jour et n'a pas réglé tous les détails. Du coup il propose le dvd de son dernier spectacle "j'ai fait le con", à prix très raisonnable (10euros). Objet collector, puisqu'il n'est pas disponible dans le commerce (il n'y a même pas de code barre).
Il restera signer
des autographes pour tous ceux qui le souhaitent. II s'est montré
très disponible et ouvert à la discussion et m'a semblé être une
personne posé, simple et très sympa. Il confiera qu'il prend
vraiment du plaisir à jouer dans ces conditions et réfléchit pour
améliorer ce concept original et très prometteur.
Je ne tiens pas à le
défendre à tout prix et je reconnais volontiers que le personnage
est ambigu mais cette affaire ne mérite pas tout le foin qu'on en
fait. La LICRA réclame tout de même de la prison
ferme ! Mais quand on pense que cette même
LICRA (ainsi qu'une bonne partie des médias) défendent
Robert Redecker lorsqu'il tient des propos
clairement islamophobe : "Haine et violence
habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué,
le Coran", il y a de quoi trouver
son lynchage injustifié.
Surtout, encore une
fois, ses spectacles sont très bons. Ce n'est pas un humour
consensuel; c'est politiquement incorrect, dérangeant, tout le
monde en prend pour son grade, mais c'est surtout à hurler de
rire.
La plupart des gens qui le critiquent ne connaissent pas ses spectacles et ne savent pas de quoi ils parlent. Balancez vos téles, brûlez vos torchons, et faites votre avis par vous même !
D'ailleurs, pour
ceux que ça intéresse, voici les liens vers un documentaire en 5
parties sur le lynchage médiatique qu'il subit :
Dieudonné, le document vérité (1e partie)
Dieudonné, le document vérité (2e partie)
Dieudonné, le document vérité (3e partie)
Dieudonné, le document vérité (4e partie)
Dieudonné, le document vérité (5e partie)
"Association des Racistes Anonymes"
"La Fine Equipe du Onze"























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