
1er juin 2000, Foufounes Electriques à Montréal, j'allais me prendre une double baigne musicale comme j'en ai rarement reçue. J'allais voir Secret Chiefs 3 qui donna se soir là un concert gargantuesque (la formation d'alors comprenait, entre autre, le violoniste Eyvind Kand, Danny Heifetz et Bar McKinnan de Mr Bungle). Mais avant cela, en première partie, Estradasphere, dont je n'avais jamais entendu parlé, m'avait totalement scié. Ce quintet sonnait comme une version moderne de Mr Bungle, jouée par des jazzmen aus allures de métalleux. Ils venaient alors tout juste de sortir leur premier album, "it's understood". Forcément je l'ai acheté à la fin de la prestation (c'était d'ailleurs le dernier exemplaire).

Est ce que le disque allait être à la hauteur de leur concert ? la réponse est sans conteste oui tant ce premier essai est un coup de maître. J'y ai retrouvé la même folie, la même patate et bien sûr un brassage des genres presque sans limite et totalement digéré par ces virtuoses.
"Hunger Strike, qui ouvre le disque, est un parfait exemple de ce qu'est capable Estradasphere : en 20 minutes, les californiens démontrent toute l'étendue de leur capacité à varier les plaisirs : on passe en un claquement de doigt du jazz swing au métal au flamenco ou à la musique tzigane et klezmer. Ca joue à fond, c'est bourré d'idées, superbement interprété avec une bonne humeur communicative. Ils réussissent de surcroît à ne pas sonner trop décousu et à rester relativement accessible grâce à un véritable sens de la mélodie et un groove à toute épreuve. "Hunger Strike" est donc la pièce maîtresse du disque et parfait résumé de leur style, on aurait tout de même tort de négliger le reste de ce cd bourré à craqué.
Le disque recèle en effet de petites pépites absolument géniales. Par exemple "The Transformation" et son swing impeccable finissant sur un solo de batterie se terminant par une explosion du batteur (avec un sample du film Spinal Tap). Autre grand moment, "Danse of Tosho & Slavi / Randy's Desert Adventure" et ses relents balkaniques entrecoupés d'un long break metal infernal soutenu par le sax et le violon. Ce morceau fait partie des préférés des fans et est un grand moment assurés lors de leurs concerts.
On pourrait citer
aussi le bluegrass "The Trial and
Tribulations of Parking on your front Lawn" et son
final speedé, ou encore l'épique "The Princes of
Xibalba", divisé en quatre parties ou encore les
références aux vieilles consoles 8-bits Nintendo.
Bref, je ne vais pas
passer en revue tous les morceaux de ce disque franchement
jubilatoire et à la douce folie. Je me contenterais pour conclure
de le conseiller fortement aux fans de Mr Bungle,
de John
Zorn, de Frank
Zappa et à tous les amateurs de musique
iconoclaste.
Histoire d'en remettre une couche, voici deux vidéos live issues du génialissime DVD "Passion For Life".
Estradasphere - king crab
battle
Estradasphere - the dance of tosho &
slavi / randy's desert adventure



















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