"Man, Georgiavania is dope as fuck - it's that next level shit!" - Big Boi from OutKast
Willie Isz est le nouveau projet du producteur Jneiro Jarel (Shape Of Broad Minds, Dr Who Dat), et de Khujo Goodie, de Goodie Mob (groupe fondateur du collectif Dungeon Family, avec leurs potes d'OutKast). "The grussle" et "in the red", les deux premiers morceaux qui ont filtrés en début d'année, avaient eu l'effet d'une mini bombe pour ceux qui avaient alors eu la chance de les découvrir. Le premier sonne comme du gangsta rap de bal musette et le deuxième, au rythme plus posé, offre des sonorités plus acoustiques. Forcément, après ça, on était nombreux à attendre de pied ferme l'arrivée de leur premier long format. Surtout qu'il était difficile de savoir à quoi allait ressembler ce premier album, produit par Dave Sitek de Tv On The Radio, vu la différence entre les deux morceaux et les références citées, plutôt originales pour des rappeurs (My Bloody Valentine, Devo, Bjork, David Bowie,...).
L'album,
intitulé "geogiavania", sorti fin juin, s'est avéré très surprenant, car très différent
des morceaux dèja connus. Il n'est pas pour autant décevant, bien
au contraire. Le duo offre un disque aventureux, très varié et
accrocheur, tout en restant cohérent. De prime abord, l'album
étonne par la forte présence d'influences shoegaze, pop
("I didn't mean too",
"spiritual gladiators") et électro
("loner",
"autopilot"). Mais
vous ne méprenez pas, Willie Isz délivre aussi du bon gros hip hop
qui balance, comme le démontre le morceau titre,
"Georgiavania" (et son piano sautillant à
la Wu Tang), ou encore "gawn
jet", même si le traitement est somme toute
personnel. Les multiples trouvailles de productions de Jneiro se
complètent à merveille avec la grosse voix de Khujo et les mélodies
dissimées ici et là. On émettera tout de même quelques réserves,
notamment sur les refrains de "u want
some" et de "loner", mais
rien qui n'entrave sérieusement la qualité de
l'ensemble.
Au final, les deux
morceaux avec lesquels le groupe s'est fait relativement connaître
sont les plus classiques du lot. Même si non exempt de défauts,
"Georgiavania" est l'un des albums hip
hop les plus originaux et enthousiasmants de l'année grâce à un
habile mélange de gangsta rap, d'électro, de pop, de dirty
south et de rock.
























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