La fin des années 90 a vu naître dans l'hexagone une scène unique et inventive, dont le dénominateur commun est le dub !
Ethnician et Hint (celui de "wu wei") avaient déjà montré la voie, mais la sortie en quelques mois des premiers maxis d'High Tone, des premiers Ez3kiel et Zenzile, des démos de Mei Tei Sho a confirmé la tendance. Un scène nouvelle, décomplexée et atypique, était en train d'éclore chez nous. Ainsi, on a vu apparaitre tout un tas de groupes (en plus des sus nommés, on peut rajouter Kaly Live Dub, Lab°, Improvisators Dub...) qui se sont servis du dub comme base pour mieux brasser toutes leurs influences: du rock à l'électro, en passant par les musiques du monde et le hip hop. L'autre spécificité de cette scène est qu'elle est jouée live, avec de "vrais instruments", chose peu commune pour cette musique. En effet, d'abord né d'expérimentions dans les studios en Jamaîque (King Tubby et Lee Perry en furent les inventeurs) et ensuite développé en Angleterre par des dj's (Mad Professor et Adrian Sherwood en tête), le mouvement dub était donc avant cela, une musique basée sur les machines.
Les premiers albums
et maxis de cette scène française en éclosion (cités plus haut)
étaient déjà excellents mais le premier a avoir réalisé un
grand disque a été High Tone avec
"opus incertum". La formation lyonnaise,
qui comprend basse, batterie, guitare, dj et un clavier, nourrit
son dub de samples ethniques, de nappes envoûtantes, d'une
section rythmique lourde et groovy et de sctrachs finement
sentis et bien placés.
Dès le premier
morceau, "dehli/katmandu" et ses voix
arabisantes, on est transporté dans une sorte de trip éveillé et
planant. Quelques morceaux au tempo plus enlevés
("wicked tune", la drum'n'bass de
"dreadfull bass") viennent quelque peu
secouer cette relative quiétude. Mais l'écoute de bout en bout de
cet "opus incertum" est comme un voyage
sonore qui emporte l'auditeur dans des sphères
hallucinogènes.
Ce premier album est donc un véritable coup de maître de la part de cette formation lyonnaise qui a révolutionné le genre et servi de source d'inspiration pour beaucoup.
A noter que Jarring Effects vient de le rééditer en vinyle (disponible chez CD1D pour 12 euros).
3 autres disques pour découvrir la scène dub française
:

- Lab° : "derrière la pluie" (entre dub et post rock à la Godspeed You Black Emperor! )
-
Ez3kiel : "barb4ry" (entre indus, dub et
rock)
- Zenzile : "totem" (plus classique mais diablement efficace)



(il est marrant celui la) BANZAI





















Commentaires