Alors qu'à la fin
des 90's, je guettais chaque sortie du label Warp
Records, me délectant des sonorités nouvelles que me
procuraient les disques d'Aphex Twin,
Autechre, Boards Of Canada,
Squarepusher, etc, je me suis peu à peu
désintéressé de leurs productions. Le label anglais n'a en effet
sorti que peu de disques qui m'ont réellement marqué lors de cette
décennie. Il y a tout de même eu l'émouvant
"when" de Vincent
Gallo (note à moi même : en faire un
article absolument), "fires in
distant building" de Gravenhurst ou
encore "mirrored" de
Battles. En revanche, ces disques sont loin des
sonorités électroniques dont le label anglais s'était fait la
spécialité.
Mais cette nouvelle
décennie commence très bien pour Warp, avec la sortie d'un petit
ovni sonore intitulé "a sufi and a
killer" et réalisé par Gonjasufi.
Véritable trip mystique, le disque oscille entre sonorités
orientales, électronica, pop, soul, psychédélisme et même rock
garage. On a un peu l'impression de voir fusionner ici les univers
de Tricky (période "pre millenium
tension") et de
Muslimgauze.
A la production on
retrouve Mainframe, Gaslamp
Killer et Flying Lotus qui ont eu la
lourde tâche de créer une unité au disque. La voix écorchée et sur
le fil de rasoir de Gonjasufi prend littéralement
aux tripes sur ce disque hybride, unique et impressionnant.
"A sufi and a killer" peut paraître
quelque peu brouillon mais c'est toutefois ce qui fait en partie
son charme. Je mettrais juste un petit bémol à
"suzieQ" et
"stardustin" qui cassent quelque peu
l'ambiance mystique du disque avec des sonorités à la limite du
garage rock. Mais pas non plus que quoi entâcher le plaisir
d'écouter ce premier album de Gonjasufi, l'un des
disques les plus marquants de ce début d'année.



























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