Hamid Drake est un batteur percussionniste américain. Son cv en ferait pâlir plus d'un : en plus de ses nombreuses collaborations avec des renoms du jazz (Fred Anderson, David Murray, Archie Shepp, Herbie Hancock...), on l'a également vu collaborer avec Iswhat?!, Bill Laswell, Akron/Family (sur "meek warrior"), Beans (Anti Pop Consortium), Yakuza, Jah Wobble ou encore avec John Zorn sur le projet Painkiller. De telles collaborations démontrent amplement le talent, le bon goût et l'éclectisme de Drake.
Son projet "Bindu" s'articule autour d'un collectif dont les musiciens sont choisis par Drake selon les territoires musicaux qu'il a envie d'explorer. Sur le troisième disque de ce projet, "reggaeology", il a souhaité mélanger le jazz au reggae et à la musique gnawa. Pour l'occasion, il s'est entouré de Nappoleon Maddox (beatbox, rap / Iswhat?!), Jeff Parker (guitare / Tortoise), Jeff Albert (trombone, orgue hammond), Jeb Bishop (trombone) et Josh Abrams (contrebasse, guimbri (sorte de basse gnawa)).
Le disque s'ouvre avec les 20 minutes de "kali's children no cry" et son intro dominée par un sax en mode free et le beatboxing du leader de Iswhat?! qui se poursuit par une mélodie des plus entrainantes. Tout au long de ces vingt minutes, on est ainsi baladé entre passages "free", soli et cette mélodie enjouée qui sert de thème au morceau. Du grand art !
Vient ensuite "hymn of solidarity", dominé par l'association du guimbri et du beatbox en guise de rhythmique, qui propose une fusion inédite entre jazz, musique gnawa et mélodie inspiré du reggae. "kali dub", "meeting and parting" et "togetherness" sont des reggae plus classique mais d'une incontestable efficacité et d'une grande classe.
Le disque se termine avec "take us home" qui voit de nouveau intervenir les sons enivrants gnawas du gimbri et permet au disque de se terminer sur une touche mystique.
Le troisième épisode du Bindu mené par Hamid Drake est donc une belle réussite, originale et colorée, que vous conseille vivement.





















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