
La dernière fois que j'ai été vraiment enthousiasmé par des albums de hip hop français remonte à 2006 et les sorties de "trajédie d'une trajectoire" de Casey et "identité en crescendo" de Rocé. Hasard des calendriers, ils ont tous deux sortis le même jour un nouvel album.
"Libérez
la bête" reprend les choses là où Casey les avaient
laissé avec son premier album. On a donc affaire une nouvelle fois
à un rap brut, sans fioriture, porté par des textes noirs et le
flow acéré de Casey. Même si elle n'a pas renouvelée ses thèmes
fétiches (le passé colonialiste de la France, le racisme...), sa
plume s'est nettement affûtée depuis son premier essai, donnant
ainsi plus de force à ses récits. On sent vraiment qu'elle a
ciselée ses textes pour que chaque mot fasse mouche. Certains
pourront reprocher un excès de noirceur, mais ça fait partie
intégrante de son univers. De ses premières apparitions sur les
compils à la fin des années 90 (L432 et
"à délivrer
d'urgence"...), en passant par ses
featurings, ses disques solo (deux albums et un maxi,
"ennemi de l'ordre") ou encore sa
collaboration avec Zone
Libre, Casey suit un parcourt exemplaire et
sans concession, chose rare dans le milieu du rap
français.
"Identité en crescendo" de Rocé, était marqué par l'accent jazz qu'il avait voulu donné à son rap. Même si les éléments jazz sont toujours présents, Rocé revient tout de même à quelque chose de plus hip hop. Ses textes sont toujours de hautes volées, confirmant une nouvelle fois qu'on a affaire ici à l'une des plus belle plume de la scène rap française. Et comme il le dit lui même, il est "l'un des seuls rappers trentenaire à raper comme un adulte". Néanmoins, malgré la réussite incontestable de ce disque, j'aurais tout de même un préférence pour ses deux précédant disques. Un rap adulte et de qualité donc, mais loin des dérives variétoches d'Oxmo Puccino ou moralisatrices d''Abd Al Malik.


























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