Après une trêve en 2009, voici le retour des Gérards sur Alternative Sound.
Gérard de la déception musicale de l'année :

Yeasayer : "odd blood"
Le premier album de Yeasayer, "all hour cymbals", sorti en 2007, avait été une formidable surprise. Le groupe y mixait intelligemment pop, rock psyché et world musique, le tout porté par de magnifiques mélodies et harmonies vocales. J'attendais donc avec impatience leur second essai et le moins que l'on puisse dire est que je ne m'attendais pas une telle débâcle. Je n'ai rarement entendu une telle baisse de qualité entre deux disques. "Odd Blood" pue les années 80 à plein né, sonnant comme un affreux mélange sans saveur de Depeche Mode et du pire de Peter Gabriel. Et je ne parle pas des mélodies, point fort de leur premier album, qui sont ici des plus médiocres.
Gérard de la chanson gachant un album :

"ombre de rue" - Rockin' Squat ("confessions d'un enfant du siècle vol.3")
Le premier volume des "confession d'un enfant su siècle" de l'Assassin Rockin Squat avait été une grosse déception (il aurait d'ailleurs mérité un Gérard cette année là). Aussi bien au niveau des textes, que du flow ou des prods, on était très très loin du niveau atteint sur "l'homicide volontaire" presque 15 ans auparavant. Le 2e volume sorti l'année dernière relevait un peu le niveau mais il n'y avait non plus de quoi s'extasier. Par contre, le volume 3, sorti en novembre dernier a été une très belle surprise. Ca faisait longtemps que le "funky babtou" n'avait pas livré des morceaux de la trempe de "america sem norte" ou encore de "peta oihan keshni" par exemple. Bon, ce disque comporte quand même pas mal de défauts (on aurait bien corriger quelques rimes ici ou là, le flow est parfois un peu limite...), mais force est de reconnaître que ça faisait longtemps que Squat n'avait pas été aussi en forme. Par contre, en plein milieu du disque, on trouve "ombre de rue", sorte de zouk variétoche, sans fond et aux paroles pathétiques, qui ferait passé la reconversion zouk de Francis Lalanne pour un coup de maître.
(Le morceau final, "ce n'est qu'un début" aurait également mérité un Gérard tant il est relou. Mais étant placé à la toute fin du disque, il peut se zapper facilement.)
Comme j'ai tout de même trouvé "confession d'un enfant du siècle vol.3" plutôt sympa, voici un morceau d'un tout autre calibre :
Gérard de la pochette de disque la plus laide :
Les nominés :
- Coco
Rosie : "grey oceans"
- The Flaming Lips : "doing dark side of the moon"
- MGMT : "congrtulations"

La lutte a été serré mais le gagnant est The Flaming Lips avec cette horrible pochette kitshouille au possible. Mon choix s'est porté sur la bande à Wayne Coyner car contrairement aux disques de Coco Rosie et de MGMT, je l'ai beaucoup aimé et ai pensé l'acheter en vinyle. Mais, hors de question d'avoir chez moi cette pochette en grand format !
Gérard de l'évolution musicale la plus pathétique :

The Black Eyed Peas
Avant l'arrivée de Fergie, les Black Eyed Peas avait sorti deux très bon disques, "behind the front" en 1998 et "bridging the gap" en 2000. Alors trio, le groupe donnait dans un rap jazzy et funky, assez proche de ce que pouvait faire A Tribe Called Quest, Jungle Brothers ou Jurassic 5. On était donc très loin de la bouillasse sonore dont ils sont devenus maîtres aujourd'hui. L'élément déclencheur de cette évolution a été l'arrivée de la blondasse de service, Fergie, avec laquelle ils sortent tout d'abord "elephunk" (qui avec du recul, passerait pour un chef d'oeuvre en comparaison avec ce qu'ils font désormais), remplis de refrains R'n'B insupportables mais avec des prods qui sont encore plus que correct par endroit. On savait désormais qu'il ne faudrait plus rien n'attendre de leur part. Mais tout de même, je ne pensais pas qu'ils pourraient tomber si bas et se faire produire par le plus beauf des dj, David Guetta sur l'album "the end". On pensait qu'ils ne pourraient pas faire pire mais c'était sous estimer ce quatuor multiracial. En effet leur nouvel album intitulé "the beginning" frôle le néant artistique et repousse encore plus loin le ridicule et la laideur musical, allant même jusqu'à reprendre le thème de "Dirty Dancing". Un Gérard amplement mérité !!!
Gérard du disque qui aurait du sortir sous un autre nom

"rise up" de Cypress Hill
Ca fait longtemps que Cypress Hill nous a pas sorti un grand disque (en gros, "III - Temple of Boom" en 1995) mais sur chacun des disques suivant on pouvait y trouver notre bonheur si on était pas trop exigeant. Mais sur "rise up", il n'y a pas grand chose à sauver. Au programme, des prods très basiques, quelques titres rap métal archi clichés ou encore quelques tentatives nauséabondes pour passer sur MTV. Bref, un disque bien loin des ambiances sombres et enfumées de leurs grandes heures. Mais en fait tout ceci peut s'expliquer assez facilement : l'absence (sauf sur deux titres) de Dj Muggs. Et Cypress Hill sans Muggs, c'est comme Gang Starr sans Dj Premier ou le Wu Tang sans Rza...
Gérard de l'artiste qui n'en finit pas de nous décevoir :

Tricky
Un peu comme Cypress Hill, Tricky a sorti trois premiers albums absolument géniaux (l'incontournable "maxinquaye" en 1995, "pre-millennium tension" en 1996 et le mésestimé "angels with dirty faces" en 1998). S'en est suivi une collaboration fort alléchante sur le papier, mais extrêmement décevante au final ("juxtapose" en 1999 avec Dj Muggs), une tentative ratée de faire un disque ciblé pour MTV et les radios (le très commercial "blowback"). Mais on pouvait encore espérer car on sentait encore un minimum de créativité chez Adrian Thaws de son vrai nom. Mais les trois disques suivants , tous aussi peu inspirés (le fadasse "vulnerable" en 2003, et les fourre tout "knowle west boy" en 2008 et "mixed race" cette anée), nous ont fait perdre définitivement tout espoir de le voir retrouver le bouillonnement créatif de ses débuts.
Gérard du disque le plus surrestimé de l'année :
4 nominés :
- Janelle
Monae : "the ArchAndroid"
- Kanye West : "my beautiful dark twisted fantasy"
- Sufjan Stevens : "the age of adz"
-
Big Boy : "sir lucious left :
the son of chico dusty"

J'aurais bien choisi le Kanye West car il s'est fait encenser partout alors que je l'ai trouvé boursouflé et vulgaire. Mais comme on peut y entendre 3 excellents titres ("power", "monster" et sutout "so appalled"), il perd le Gérard de peu. Du coup, le "Gérard du disque le plus surestimé de l'année" va a "the ArchAndroid" de Janelle Monae. Signée sur le label de Puff Daddy (ça commence mal) et repérée par Big Boi d'Outkast (qui a complètement gâché les excellentes prods de son disque en y truffant tout pleins de mélodies des plus putassières), Janelle Monae s'est fait encenser un peu partout. Mais ce qui m'a le plus surpris, c'est de voir "the ArchAndroid" avoir d'excellents chroniques sur des blogs tenus pas des tenanciers réputés pour leur bon goût (Systool et G.T., si vous passez par là...). Même si sa musique est tout de même plus ambitieuse que la moyenne des disques mainstream, ce mélange de Black Eyed Peas (période "elephant"), du Michael Jackson des 90's et de Gnarls Barckley me laisse de marbre. Je ne vois pas ce qu'il y a d'enthousiasmant dans ce gros machin clinquant. En tout cas, certainement pas les réminiscences pop 80's de très mauvais gout ("cold war", "wondaland"), les ballades que n'aurait pas reniée Maria Carey ("oh maker") les guitares très rock FM ("come alive", "mushrooms & roses") ou encore cet insupportable duo (et je pèse mes mots) avec Of Montreal. Bref une incompréhension totale. Mon bilan est peut être un peu sévère mais je lui reconnais tout de même une qualité : c'est une excellente danseuse (mais ça, on s'en fout un peu quand on écoute un disque!).
Gérard de la chanson la plus horripilante de l'année :

"soul man" de Ben L'Oncle Soul
Le funk français a eu Sinclair, la soul française a désormais Ben L'Oncle Saoul (oups ! "soul" pardon)









). Le Cypress, euh, j'ai pas encore osé m'y pencher (ça va faire comme pour le Kanye West). 



















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