Parmi la palanquée d'auto-productions que j'ai l'occasion d'écouter, j'entends pas mal de trucs très sympas, mais très rarement des choses qui sortent du lot. Mais il y a quelques semaines, une exception m'a titillé l'oreille. L'artiste se nomme Youri Blow et son disque "the corridor". Youri Blow est un bluesman brestois qui a été puiser son inspiration pour ce deuxième album lors d'un voyage en Mongolie, au coeur de la tribu Tsaatane. Il en résulte un véritable disque de baroudeur où les cultures se fondent pour créer un disque hybride mais harmonieux. Ce voyage culturel mais aussi intérieur, a donné une teinte spirituelle et une certaine profondeur à sa musique.
Mis à part une trompette et des choeurs féminins en parcimonie, Youri s'est chargé de tous les instruments (guitares acoustique et électrique, banjo, guimbarde, violon, flûte). Une instrumentation assez dépouillée, donc, surtout qu'il n'y a pas de batterie ni de basse. Mais contrebalancée par un remarquable travail sur les arrangements et la tessiture sonore. Au final, on navigue entre blues rugueux que n'aurait pas renié Captain Beefeart ("muddy streams"), complainte étrange façon Tom Waits ("strange history"), folk rock enfumée et psychédélique nous rappelant "planet caravan" de Black Sabbath ("the corridor"), le tout étant bien évidemment marqué par la forte influence de son voyage en Mongolie, notamment par le biais de l'utilisation du chant diphonique ("khovsgol lake", "ulan taïga").
Youri Blow nous a donc concocté un magnifique deuxième album, entre douceur psychédélique et la rugosité du blues originel.





















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