Les Colocs - belzébuth  (FRANCAIS) posté le vendredi 30 mars 2007 14:38


 
Lors de mon 1er séjour à Montréal, en 1999, le 1er groupe québecois que l'on m'a fait écouter était Les Colocs et plus particulièrement cette chanson : "Belzébuth".
 
Durant un peu plus de 9 minutes Les Colocs nous narrent les aventures de ce chat épris de liberté et qui finira réincarné en oiseau.
Magnifique, aussi bien dans le texte que dans les arrangements, cette chanson est de loin leur meilleure et figure sur le dernier véritable album du groupe "Dehors Novembre".
 
L'aventure du groupe pris fin d'une manière tragique en 2000 par le suicide de son leader, Dédé Fortin. Il aura profondément marqué le Québec des années 90 et comme le dit la préface du livre qui lui a été consacré ("Dédé" par Raymond Paquin) : "c'est l'histoire d'un gagnant se prenant pour un perdant, l'histoire d'un p'tit bonhomme qui avait le monde à ses pieds, mais qui préférait la vie d'oiseau".
 
 
J'habite dans un appart' tranquille

J'arrive à peine ça fait une heure
Jusqu'à maintenant j'ai la vie facile
Malgré que c'est pas encore le bonheur

J'ai visité tous les recoins
Je sais que mon maître est bien nanti
J'ai fait mes griffes, mes petits soins
Et ça m'a creusé l'appétit

J'appelle mes instincts de chasseur
Je cherche un petit animal
Je peux tout voir dans la noirceur
Je suis un chat bien normal

Si jamais y passe une souris
J'y fais la passe du samouraï
Les poissons rouges c'est du sushi
Faut que j'en mange un avant que je m'en aille

Comme ça mon nom c'est Belzébuth
Personnellement je trouve ça épais
Qui c'est qui peut ben vivre icitte
Ça doit être un couple de bourgeois

De toute façon c'est plate à mort
Cette maison-là c'est une salle d'attente
Maudit que ça l'air de fun dehors
Montrez-moé de quoi qui va me surprendre

Le mois passé j'ai vu une chatte
Qui est surnommée Elizabeth
Elizabeth et Belzébuth
Dans mes oreilles le beat est bon

Après ça j'ai regardé la TV
Un documentaire sur les panthères
Y'a quelque chose qui m'a inspiré
Mais les annonces me tapaient sur les nerfs

Ah! Demain dimanche, un autre jour je m'en fous
J'irai, j'irai dans la ruelle
J'irai là où mon coeur m'appelle
Y'est pas question que je passe ma vie
Emprisonné dans ma petite tête
Je suis un félin insoumis
Je tiens mordicus à bien paraître

C'est pas ma place c'est évident
Ça va finir par me tuer
Le look, l'odeur, l'air ambiant
M'enlèvent le goût de respirer

Le chat qui était là avant moé
S'est suicidé dans le temps des fêtes
Un pessimiste avec une grosse tête
Qui avait de la suite dans les idées

C'est pas de ma faute si à tout bout de champs
Une joie intense me monte à tête
Ça arrive comme ça naturellement
Chu chimiquement fait pour la fête

J'ai beau faire une tête d'enterrement
Y'a personne qui me prend au sérieux
Chu très jaloux très secrètement
De la profondeur des malheureux

Ah! Demain dimanche, un autre jour je m'en fous
J'irai, j'irai dans la ruelle
J'irai là où mon coeur m'appelle
Y'est pas question que je passe ma vie
Emprisonné dans ma petite tête
Je suis un félin insoumis
Je tiens mordicus à bien paraître

Couché en boule dans mon petit coin
J'écoute parler mes petits bourgeois
J'ai l'air d'un chat, j'ai l'air de rien
Que c'est qu'y disent à mon sujet

Ça parle de griffes, ça parle de couilles
Ça me met dans une drôle d'atmosphère
Ça me dresse le poil, ça me fout la trouille
C'est quoi ça un vétérinaire

Y'en a un des deux qui se vire vers moé
Y'a un air louche, ça a l'air sérieux
Y'est trop imbécile pour deviner
Toute la frayeur qu'y'a dans mes yeux

Ça y'est, ça y'est j'ai tout compris
Y'essayent de m'enterrer vivant
Fuis Belzébuth, let's go c'est le temps
Et sauve qui peut et sauve ta vie

La ruelle qui m'attend, mois je fais mon scénario
Dans un travelling avant à travers les poubelles
C'est le party, c'est la nuit et c'est un bon départ
Me voilà qui crie action et la musique démarre

Dans une contre plongée
Je remarque un mouvement
Un gros matou perché,
C'est un vrai monument
Je connais personne icitte,
Toi comment tu t'appelles

Vu la grosseur que t'as,
M'as t'appeler colonel
Y me dit :

"Fiston toé qui as l'air si mignon
Frais débarqué dans la réalité
Ouvre bien tes oreilles,
Je le dirai pas deux fois
Ici c'est pas pareil, c'est moi qui fait la loi

T'as encore des couilles au cul,
Je m'en suis aperçu
Encore des griffes aux pattes ah!
Ben ça, ça m'épate
Moi j'ai pas eu cette chance
Y me reste plus qu'une seule bourse
Mais fais-moi confiance
Je suis toujours dans la course

On m'a ôté mes griffes, mais je sais bricoler
J'ai mis une lame de canif
Regarde comment elle est
Bien droite, au bout de ma patte
Elle fait dans le quartier office de justice
Peu importe la faute, partout sur mon chemin
Un matou téméraire est un matou de moins

Bon! Avant que je m'arrache
Juste une petite dernière
À propos d'une rumeur qui circule dans le coin
Paraît que tu pisses partout, c'est pas une idée
Y'a déjà des jaloux
Qui commencent à flipper salut!"

Mon élan vers l'horizon se voit interrompu
Quand au bout de la ruelle, oui je l'ai reconnue
Celle qui par ma fenêtre
Est entrée dans mon coeur
Comme une balle perdue, une chatte en chaleur

C'est dans un vieux hangar qu'Elizabeth m'invite
Avant que les autres arrivent
Fait ça ben fait ça vite
La TV ça a du bon, je me souviens des panthères
C'est sans explication
Je sais très bien comment faire

Nos deux coeurs qui ronronnent
Et dans un moment de folie
L'extase c'est merveilleux pour tous les insoumis
Elizabeth chante l'amour vingt décibels trop fort
La ruelle en alerte c'est l'écho de la mort

Cinquante chats enragés
Envahissent le hangar
Tous les fauves de la ruelle
Veulent me trancher le cou
Je sens l'haleine de la guerre
Et j'ai le goût du sang
Les poils volent dans les airs
Et les cris sont stridents

Au nord, au sud, à l'est, à l'ouest
Impossible de s'enfuir, aucune porte de sortie
Soudain le colonel arrive
Et tous les autres chats se poussent
Je salue mon ami qui vient à ma rescousse

Un silence inquiétant, Elizabeth a peur
Si c'est lui son amant je pense j'ai fait une erreur
Un halo de lumière le découpe en silhouette
Son visage sort de l'ombre et rencontre le mien

Et juste comme j'allais dire adieu Elizabeth
Il me sort sa lame, sa seule griffe d'argent
Qui transperce mon âme et fait couler mon sang

Des kilomètres, des kilomètres,
Soif dans la gorge, mal dans les pattes
Surtout surtout ne pas penser
Sinon mon coeur arrête de battre
Chu pris en feu, je me sens renaître,
Je cours plus vite que le désespoir
Je crie au secours de tout mon être
Que j'ai peur de jamais revoir
Je sens, je sens des ailes pousser,
Sur mes épaules et dans mon dos
Métamorphose je t'attendais,
Moé c'est pu moé c'est un oiseau
Je vais enfin pouvoir m'enfuir
Exactement comme dans mon plan
Y me reste juste cinq secondes à vivre,
J'ai déjà perdu trop de sang

En survolant ma banlieue morte
Je remercie le vent qui me porte
Je pense à ma belle Elizabeth
A doit se demander ce que j'ai fait

Pour ma neuvième et dernière vie
J'avais mérité le confort
J'ai ben fait de partir plus tôt
Mon coeur préfère la vie d'oiseau

Tous les jours dimanche, je peux voyager partout
Aussi longtemps que j'aurai des ailes
J'irai là où mon coeur m'appelle
Y'est pas question que je redescende
Sauf peut-être pour aller manger
En attendant ça peut attendre
Je goûte au bonheur, chu pas pressé

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4 commentaire(s)

  • xXx

    dim 07 fév 2010 06:20

    Comme lui, Dédé a choisie la liberté, et comme lui il meurs sur le coup de la lame d'argent celle de leur douleur.

  • Peuretdegout

    sam 14 avr 2007 01:08

    Correction....Je suis un chat C'EST BIEN NORMAL*********

  • YURI* mailto

    sam 31 mar 2007 17:48

    Franchement je trouve ca génial ! :p


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