Lucas Santtana - "sem nostalgia" (2011)  (WORLD) posté le jeudi 29 septembre 2011 16:09

Blog de alternativesound :Alternative Sound, Lucas Santtana - 'sem nostalgia' (2011)

Un grand merci au label Mais Um Discos de donner une seconde vie à "sem nostalgia" de Lucas Santtana, initialement sorti au Brésil en 2009, et qui est enfin disponible chez nous. Sans cette réédition, on serait sûrement passé à côté de ce qui est sans doute le meilleur disque brésilien depuis "cru" de Seu Jorge (2004). Ce jeune musicien modernise avec brio le mouvement tropicalisme, née à a fin des années 60 avec des artistes comme Os Mutantes, Gilberto Gil, Jorge Ben ou encore Caetano Veloso. Ce courant musical synthétisait bossa nova, pop, folk et rock psychédélique sur fond de contestation politique.

Le disque se situe entre la beauté mélancolique des chansons de Caetano Veloso et les bidouillages psychédéliques de Tom Ze. Lucas Santtana s'est pourtant mis de sacrées contraintes pour réaliser ce petit bijou. En effet, mis à part quelques sons de la nature (des bruits d'insectes par exemple), tous les sons proviennent uniquement de sa guitare ou alors de samples d'instrus de grands noms de la musique brésilienne (Baden Powell, Joao Gilberto, Jorge Ben...) pour le morceau "super violao mashup".

En attendant son nouvel album prévu pour début 2012, je ne peux que vous conseiller de tendre vos oreilles vers ces douze magnifiques compos où se croisent guitares acoustiques, samba, bidouillages électro psychédéliques et mélodies pop. Indispensable !

(à lire également, l'article de POP)

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Max Tannone - "ghostfunk" (2011)  (HIP HOP) posté le mercredi 21 septembre 2011 20:07

Blog de alternativesound :Alternative Sound, Max Tannone - 'ghostfunk' (2011)

On ne compte plus les albums mashup qui sont apparus ces dernières années. De tous, c'est surtout le précurseur "grey album" de Danger Mouse que l'on retiendra. Mais ce "ghostfunk", réalisé par Max Tannone et apparu sur la toile en juillet dernier, fait sans aucun doute parti des meilleurs mashup réalisé.

Le producteur new-yorkais Max Tannone avait déjà fairt parlé de lui auparavant puisqu'on lui doit les projets "Jadiohead" (Radiohead + Jay Z) et "double check your head" (où il mixe ensemble divers morceaux du "check you head" des Beastie Boys) et les remixes dub de Mos Def (Mos Dub) et de Talib Kweli (Dub Kweli). 

Son dernier projet met à l'honneur un des plus talentueux mc du Wu Tang Clan, Ghostface Killah. Max Tannone s'est amusé avec "ghostfunk" à posé le flow gras et racailleux de Ghostface sur des morceaux afro funk des 70's. Et cet alliage marche à plein régime tout au long de l'album. Le producteur a eu le bon goût de piocher dans les excellentes compilations "Ghana soundz - afrobeat, funk and fusion in 70's Ghana" et "next step... Soweto vol.2", ainsi que dans le répertoire des méconnus et pourtant géniaux Funkees et de Gyedu Blay-Ambolley.

Mise à part son premier opus solo, "iron man" (1996), les disques du mc new-yorkais sont des plus inégaux. Voici donc une occasion d'avoir un autre album de Ghostface Killah, excellent de bout en bout, à vous mettre entre les oreilles. Ne vous gênez surtout pas, c'est en téléchargement libre à cette adresse : http://www.maxtannone.com/projects/ghostfunk/

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Hank 3 - "ghost to a ghost / guttertown" (2011)  (COUNTRY) posté le mardi 13 septembre 2011 17:38

Blog de alternativesound :Alternative Sound, Hank 3 - 'ghost to a ghost / guttertown' (2011)

Avec un physique et un timbre vocal si proche de son légendaire grand père, Hank Williams, il aurait été facile pour Hank Williams III de se faire connaître en marchant sur ses traces où celle de son père, la superstar de la country, Hank Williams Jr. Mais Shelton a préféré n'en faire qu'à sa tête et malgré la pression de son label, Curb Records, pour le formater à la sauce country pop de Nashville, il a décidé de suivre sa propre voie.

Il s'est donc petit à petit distancé de la country traditionnelle après avoir réalisé un standard du genre avec "lovesick, broke and driftin', à partir de son troisième album et chef d'oeuvre, "straight to hell". Cet album à insufflé un peu de soufre à une musique qui en avait grandement besoin, et a ainsi permis à toute une scène underground de se déployer. A titre anecdotique, ce disque fut aussi le premier de l'histoire de la country à porter l'avertissement "parental advisory". A partir de là, il a commencé à incorporer des éléments punk, metal et quelques expérimentations au milieu de titres plus traditionnelles.

Cette liberté artistique, n'a pas été facile à établir et à maintenir, surtout avec la pression constante de Curb Records. Mais après 15 ans à batailler avec eux, le voilà enfin libre de tout contrat. Et pour marquer cette nouvelle liberté, Hank Williams III s'est rebaptisé Hank 3, à monter son propre label, Hank3 Records sur lequel il a sorti le 6 septembre dernier trois disques, dont le diptyque "ghost to a ghost / guttertown" (je reviendrais éventuellement plus tard sur les deux autres). 

Le premier disque de ce double album, "ghost to a ghost", est ce qui se rapproche le plus de ses précédents méfaits. L'opus commence avec deux morceaux de country rock entraînants et efficaces, "gutter town" et "day by day". Vient ensuite le speed et furieux "riding the wave", qui rappelle fortement "tore up and loud" (sur "rebel within") dans sa fusion entre metal et country. La country pépère de "Ray Lawrence Jr" met en avant ce chanteur underground inconnu du même nom avec un medley de deux chansons, interprété au fond d'un bus avec Hank 3 qui se limite aux choeurs. La première partie du disque ne surprendra donc pas ceux qui connaissent ses précédents disques. Par contre, quelques petites surprises apparaissent dans la deuxième partie comme l'épique et intense "time to die", ou "troopers hollar" qui voit un banjo accompagné de samples du chien de Hank, Trooper, et d'une batterie ultra puissante avec l'utilisation d'une double grosse caisse. "Cunt of a bitch" est quand à lui un morceau country punk ultra efficace et qui nous emmène au final très marriachi "ghost to a ghost". Ce titre aurait pu être carrément parfait si il n'y avait pas cette voix à la Lemmy qui écorche un peu l'oreille sur le refrain. Mais cela n'entache pas complètement la beauté du morceau, surtout lorsque que Tom Waits vient reprendre la mélodie du refrain en fin de chanson. De quoi vous coller le frisson...

Le deuxième disque, "guttertown", ne ressemble quasiment en rien à ceux que Hank a pu faire par le passé. Il est construit un peu à la manière du disque 2 qui accompagnait "straight to hell". Mais là où l'écoute de ce deuxième disque pouvait s'avérer pénible (une plage unique de 45 mn avec des chansons acoustiques entrecoupés de longs bruitages sans intérêt), "guttertown" est quand à lui beaucoup plus aboutit et réussit. Il s'écoute un peu comme la b.o. d"un polar noir réalisé par David Lynch et qui prendrait place dans un quartier glauque de Louisiane. "Guttertown" pourrait être découpé en trois parties. La première, composée seulement de trois véritables chansons, "the dirt road", "musha's" et "dying day" est un hommage à la musique cajun et sont même en partie chantées en français cajun. Ces morceaux, isolés de leur contexte, pourraient presqu'être considérées comme des chansons festives. Mais les trois longues interludes noisy qui précèdent chacune d'elles instaurent un climat des plus poisseux.  La deuxième partie voit Hank revenir à quelque choses de plus country avec les minimalistes "I promised" et "moved them songs" et le country cajun entraînant "I'll be gone". Là encore ses morceaux sont entrecoupés d'interludes des plus étranges : "chord of the organ" et son orgue très "cinquième dimension", la mélodie mystique de "the low line" interprété a capella avec seulement des bruits de trains en fond, et troopers chaos" avec les pleurs de Tropper le chien, accompagnés de bruitages inquiétants. Suit ensuite le chant plaintif de son maître sur "chaos queen". La dernière partie pourrait prendre place dans des pubs miteux irlandais, en particulier "fading moon" où Tom Waits rejoint à nouveau Hank pour chanter leur désespoir ("the stars are getting darker, and the moon is starting to fade, life is getting harder, will the pain ever leave my face ?"). Quand au titre final, "with the ship", interprété à capella avec juste un rythme de batterie martial et tribal en accompagnement, son étrangeté rappelle quelques morceaux de Les Claypool, lorsqu'il est accompagné des Frog Brigade. On retrouve d'ailleurs le bassiste de Primus sur ce titre ainsi que sur "ghost to a ghost". La deuxième partie de ce diptyque, "Guttertown", est de par sa construction, assez difficile d'accès de prime abord, mais se révèle au fil des écoute, un très grand disque et le plus réussi des deux.

Même si il risque de perdre une partie de ses fans, qui attendent de lui qu'il revienne à quelque chose de plus traditionnelle, Hank 3 réussit haut la main son pari, avec d'un côté un disque qui est la suite logique de ses précédant albums, ("ghost to a ghost"), et d'un autre, une oeuvre ambitieuse et remarquable, "guttertown". Et si vous n'êtes pas d'accord avec moi, je vous rétorquerais comme le chantait Kris Kristoffsen, "if you don't like Hank Williams (III), you can kiss my ass" !

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Kouyaté & Neerman - "skyscrapers & deities" (2011)  (WORLD) posté le mardi 06 septembre 2011 11:00

Blog de alternativesound :Alternative Sound, Kouyaté & Neerman - 'skyscrapers & deities' (2011)

En 2008, la rencontre entre le vibraphoniste David Neerman et le joueur de balafon Lansiné Kouyaté nous avait donné un formidable premier album, "kangara". 

Trois ans plus tard, les voilà de retour avec un nouveau disque intitulé "skyscrapers & deities".

Même si la recette de ce nouveau disque repose sensiblement sur les mêmes bases musicales que leur premier effort, c'est à dire un mélange de sonorités africaines, de rythmiques lourdes et rock et de fines expérimentations, le duo a tout de même su élargir et enrichir leur palette sonore. On note ainsi quelques touches dub comme sur "toumbéré", mandingues grâce à la kora de Ballake Sissoko ("dietou") et même du slam avec la présence d'Anthony Joseph venu déclamer sa prose sur "Haiti". Le côté pyschédélique a été accentué, surtout grâce à David Neerman qui s'est amusé à ajouter encore plus d'effets sur son instrument. Les sonorités métalliques et les différentes expérimentations qu'il fait subir à son vibraphone se mêlent avec toujours autant de bonheur avec le doux et mélodieux son du balafon. On retrouve également sur ce "skyscrapers & deities", une reprise très personnelle et quasi méconnaissable du "requiem pour un con" de Serge Gainsbourg. 

En bref, Kouyaté & Neerman nous régale une nouvelle fois avec ce deuxième album parfait et maitrisé de bout en bout !

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The Juke Joints feat. The Gospel Pimps - boogie the church down (2011)  (ROCK) posté le dimanche 28 août 2011 11:27

Blog de alternativesound :Alternative Sound, The Juke Joints feat. The Gospel Pimps - boogie the church down (2011)

Voici un disque qui aurait pu sortir sur Fat Possum à l'époque où le label se focalisait sur le blues du Mississipi. En effet, à l'écoute de ce "boogie the church down", impossible de ne pas penser à des artiste comme R.L. Burnside ou Junior Kimbrough, voire aux premiers disques des Black Keys

The Juke Joints et les Gospel Pimps, qui sont en réalité un seul et même groupe, nous viennent de Cologne en Allemagne. Ce deuxième album du trio reprend la recette de leur premier LP, "boogie the house down, juke joint style", mais avec une petite touche gospel sur une bonne partie de ces nouveaux morceaux. Ainsi, "juke joint in the sky", "blues power" ou encore "the pimps don't like it" nous rappellera instantanément le gospel blues de Sister Rosetta Tharpe. Impossible de rester de marbre devant de tels brûlots qui donnent envi de chanter et de taper dans ses mains niaisement. 

Le reste du disque est composé de morceaux tout aussi jouissif mais plus axé sur du blues rock crasseux et dynamité, un peu à la manière du "a ass pocket of whyskey" de R.L. Burnside, lorsqu'il était épaulé par le Jon Spencer Blues Explosion en guise de backing band de luxe.

The Juke Joints nous inflige une belle leçon de blues rock roots et efficace, auquel il est difficile de résister !

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