Alternative Radio, webradio où 50 ans de musique
s’entrecroisent à travers tous ses courants, ses
incontournables et ses pépites méconnues. Funk, Rock, Hip Hop,
Electro, Afro Beat, Jazz, Dub, Soul, Trip Hop, Surf Music, Folk,
Reggae....
Alternative
Sound : découvertes musicales, webradio...
Alternative Radio, webradio où 50 ans de musique
s’entrecroisent à travers tous ses courants, ses
incontournables et ses pépites méconnues. Funk, Rock, Hip Hop,
Electro, Afro Beat, Jazz, Dub, Soul, Trip Hop, Surf Music, Folk,
Reggae....
No bla
bla, just music !
www.ra...
Un grand merci au
label Mais Um Discos de donner une seconde vie à
"sem nostalgia"
de Lucas Santtana, initialement sorti au Brésil en
2009, et qui est enfin disponible chez nous. Sans cette réédition, on serait sûrement passé à côté de
ce qui est sans doute le meilleur disque
brésilien depuis "cru" de Seu
Jorge (2004). Ce jeune musicien modernise avec brio
le mouvement tropicalisme, née à a fin des années 60 avec des
artistes comme Os Mutantes, Gilberto
Gil, Jorge Ben ou encore Caetano
Veloso. Ce courant musical synthétisait bossa
nova, pop, folk et rock psychédélique sur fond de contestation
politique.
Le disque se situe
entre la beauté mélancolique des chansons de Caetano
Veloso et les bidouillages psychédéliques de Tom
Ze. Lucas Santtana s'est pourtant mis de sacrées
contraintes pour réaliser ce petit bijou. En effet, mis à part
quelques sons de la nature (des bruits d'insectes par exemple),
tous les sons proviennent uniquement de sa guitare ou alors de
samples d'instrus de grands noms de la musique brésilienne
(Baden Powell, Joao Gilberto,
Jorge Ben...) pour le morceau "super
violao mashup".
En attendant son
nouvel album prévu pour début 2012, je ne peux que vous conseiller
de tendre vos oreilles vers ces douze magnifiques
compos où se croisent guitares
acoustiques, samba, bidouillages électro psychédéliques et mélodies
pop. Indispensable !
On ne compte plus
les albums mashup qui sont apparus ces dernières années. De tous,
c'est surtout le précurseur "grey
album" de Danger Mouse
que l'on retiendra. Mais ce "ghostfunk",
réalisé par Max Tannone et apparu sur la toile en juillet dernier,
fait sans aucun doute parti des meilleurs mashup
réalisé.
Le producteur
new-yorkais Max Tannone avait déjà fairt parlé de
lui auparavant puisqu'on lui doit les projets
"Jadiohead"
(Radiohead + Jay Z) et
"double check your head" (où il mixe
ensemble divers morceaux du "check you
head" des Beastie Boys) et les
remixes dub de Mos Def (Mos
Dub) et de Talib Kweli
(Dub Kweli).
Son dernier projet
met à l'honneur un des plus talentueux mc du Wu Tang
Clan, Ghostface Killah. Max
Tannone s'est amusé avec
"ghostfunk" à posé le flow gras et
racailleux de Ghostface sur des morceaux afro funk des 70's. Et cet
alliage marche à plein régime tout au long de l'album. Le
producteur a eu le bon goût de piocher dans les excellentes
compilations "Ghana soundz - afrobeat, funk and fusion
in 70's Ghana" et "next step... Soweto
vol.2", ainsi que dans le répertoire des méconnus et
pourtant géniaux Funkees et de Gyedu
Blay-Ambolley.
Mise à part son
premier opus solo, "iron man" (1996), les
disques du mc new-yorkais sont des plus inégaux. Voici donc une
occasion d'avoir un autre album de Ghostface Killah, excellent de
bout en bout, à vous mettre entre les oreilles. Ne vous gênez
surtout pas, c'est en téléchargement libre à cette adresse
: http://www.maxtannone.com/projects/ghostfunk/
Avec un physique et
un timbre vocal si proche de son légendaire grand père,
Hank Williams, il aurait été facile pour Hank
Williams III de se faire connaître en marchant sur ses traces où
celle de son père, la superstar de la country, Hank
Williams Jr. Mais Shelton a préféré n'en faire qu'à sa
tête et malgré la pression de son label, Curb
Records, pour le formater à la sauce country pop de
Nashville, il a décidé de suivre sa propre voie.
Il s'est donc petit
à petit distancé de la country traditionnelle après avoir réalisé
un standard du genre avec "lovesick, broke and
driftin', à partir de son troisième album et chef
d'oeuvre, "straight to hell". Cet album à
insufflé un peu de soufre à une musique qui en avait grandement
besoin, et a ainsi permis à toute une scène underground de se
déployer. A titre anecdotique, ce disque fut aussi le premier de
l'histoire de la country à porter l'avertissement "parental
advisory". A partir de là, il a commencé à incorporer des
éléments punk, metal et quelques expérimentations au milieu de
titres plus traditionnelles.
Cette liberté
artistique, n'a pas été facile à établir et à maintenir, surtout
avec la pression constante de Curb Records. Mais après 15 ans à
batailler avec eux, le voilà enfin libre de tout contrat. Et
pour marquer cette nouvelle liberté, Hank
Williams III s'est rebaptisé Hank 3, à monter son
propre label, Hank3 Records sur lequel il a sorti
le 6 septembre dernier trois disques, dont le diptyque
"ghost to a ghost / guttertown" (je
reviendrais éventuellement plus tard sur les deux
autres).
Le premier disque de
ce double album, "ghost to a ghost", est
ce qui se rapproche le plus de ses précédents méfaits. L'opus
commence avec deux morceaux de country rock entraînants et
efficaces, "gutter town" et
"day by day". Vient ensuite le speed et
furieux "riding the wave", qui rappelle
fortement "tore up and loud" (sur
"rebel within") dans sa fusion entre
metal et country. La country pépère de "Ray Lawrence
Jr" met en avant ce chanteur underground inconnu du
même nom avec un medley de deux chansons, interprété au fond d'un
bus avec Hank 3 qui se limite aux choeurs. La première partie du
disque ne surprendra donc pas ceux qui connaissent ses précédents
disques. Par contre, quelques petites surprises apparaissent dans
la deuxième partie comme l'épique et intense "time to
die", ou "troopers hollar"
qui voit un banjo accompagné de samples du chien de Hank, Trooper,
et d'une batterie ultra puissante avec l'utilisation d'une double
grosse caisse. "Cunt of a bitch" est
quand à lui un morceau country punk ultra efficace et qui nous
emmène au final très marriachi "ghost to a
ghost". Ce titre aurait pu être carrément parfait si
il n'y avait pas cette voix à la Lemmy qui écorche
un peu l'oreille sur le refrain. Mais cela n'entache pas
complètement la beauté du morceau, surtout lorsque que Tom
Waits vient reprendre la mélodie du refrain en fin de
chanson. De quoi vous coller le frisson...
Le deuxième disque,
"guttertown", ne ressemble quasiment en
rien à ceux que Hank a pu faire par le passé. Il est construit un
peu à la manière du disque 2 qui accompagnait "straight
to hell". Mais là où l'écoute de ce deuxième disque
pouvait s'avérer pénible (une plage unique de 45 mn avec des
chansons acoustiques entrecoupés de longs bruitages sans intérêt),
"guttertown" est quand à lui beaucoup
plus aboutit et réussit. Il s'écoute un peu comme la b.o. d"un
polar noir réalisé par David Lynch et qui
prendrait place dans un quartier glauque de Louisiane. "Guttertown"
pourrait être découpé en trois parties. La première, composée
seulement de trois véritables chansons, "the dirt
road", "musha's" et
"dying day" est un hommage à la musique
cajun et sont même en partie chantées en français cajun. Ces
morceaux, isolés de leur contexte, pourraient presqu'être
considérées comme des chansons festives. Mais les trois longues
interludes noisy qui précèdent chacune d'elles instaurent un climat
des plus poisseux. La deuxième partie voit Hank revenir à
quelque choses de plus country avec les minimalistes "I
promised" et "moved them
songs" et le country cajun entraînant
"I'll be gone". Là encore ses morceaux
sont entrecoupés d'interludes des plus étranges :
"chord of the organ" et son orgue très
"cinquième dimension", la mélodie mystique de "the low
line" interprété a capella avec seulement des bruits
de trains en fond, et troopers chaos"
avec les pleurs de Tropper le chien, accompagnés de bruitages
inquiétants. Suit ensuite le chant plaintif de son maître sur
"chaos queen". La dernière partie pourrait prendre
place dans des pubs miteux irlandais, en particulier
"fading moon" où Tom
Waits rejoint à nouveau Hank pour chanter leur désespoir
("the stars are getting darker, and the moon is
starting to fade, life is getting harder, will the pain ever leave
my face ?"). Quand au titre final, "with
the ship", interprété à capella avec juste un rythme
de batterie martial et tribal en accompagnement, son étrangeté
rappelle quelques morceaux de Les Claypool,
lorsqu'il est accompagné des Frog Brigade. On
retrouve d'ailleurs le bassiste de Primus sur ce
titre ainsi que sur "ghost to a ghost".
La deuxième partie de ce diptyque, "Guttertown",
est de par sa construction, assez difficile d'accès de prime abord,
mais se révèle au fil des écoute, un très grand disque et le plus
réussi des deux.
Même si il risque de
perdre une partie de ses fans, qui attendent de lui qu'il revienne
à quelque chose de plus traditionnelle, Hank 3 réussit haut la main
son pari, avec d'un côté un disque qui est la suite logique de ses
précédant albums, ("ghost to a ghost"),
et d'un autre, une oeuvre ambitieuse et remarquable,
"guttertown". Et si vous n'êtes pas
d'accord avec moi, je vous rétorquerais comme le
chantait Kris Kristoffsen, "if
you don't like Hank Williams (III), you can kiss my
ass" !
En 2008, la
rencontre entre le vibraphoniste David Neerman et
le joueur de balafon Lansiné Kouyaté nous avait
donné un formidable premier album, "kangara".
Trois ans plus tard,
les voilà de retour avec un nouveau disque intitulé
"skyscrapers & deities".
Même si la recette
de ce nouveau disque repose sensiblement sur les mêmes bases
musicales que leur premier effort, c'est à dire un mélange de
sonorités africaines, de rythmiques lourdes et rock et de fines
expérimentations, le duo a tout de même su élargir et enrichir leur
palette sonore. On note ainsi quelques touches dub comme sur
"toumbéré",
mandingues grâce à la kora de Ballake Sissoko
("dietou") et même du slam avec la
présence d'Anthony Joseph venu déclamer
sa prose sur "Haiti". Le côté
pyschédélique a été accentué, surtout grâce à David Neerman qui
s'est amusé à ajouter encore plus d'effets sur son instrument. Les
sonorités métalliques et les différentes expérimentations qu'il
fait subir à son vibraphone se mêlent avec toujours autant de
bonheur avec le doux et mélodieux son du balafon. On retrouve
également sur ce "skyscrapers &
deities", une reprise très
personnelle et quasi méconnaissable du "requiem pour un
con" de Serge
Gainsbourg.
En bref,
Kouyaté & Neerman nous régale une nouvelle
fois avec ce deuxième album parfait et maitrisé de bout en bout
!
Voici un disque qui
aurait pu sortir sur Fat Possum à l'époque où le
label se focalisait sur le blues du Mississipi. En effet, à
l'écoute de ce "boogie the church down",
impossible de ne pas penser à des artiste comme R.L.
Burnside ou Junior Kimbrough, voire aux
premiers disques des Black Keys.
The Juke Joints et
les Gospel Pimps, qui sont en réalité un seul et même groupe, nous
viennent de Cologne en Allemagne. Ce deuxième album du trio reprend
la recette de leur premier LP, "boogie the house down,
juke joint style", mais avec une petite touche gospel
sur une bonne partie de ces nouveaux morceaux. Ainsi,
"juke joint in the sky",
"blues power" ou encore "the
pimps don't like it" nous rappellera instantanément
le gospel blues de Sister Rosetta Tharpe.
Impossible de rester de marbre devant de tels brûlots qui donnent
envi de chanter et de taper dans ses mains
niaisement.
Le reste du disque
est composé de morceaux tout aussi jouissif mais plus axé sur du
blues rock crasseux et dynamité, un peu à la manière du
"a ass pocket of whyskey"
de R.L. Burnside, lorsqu'il était épaulé
par le Jon Spencer Blues Explosion en guise
de backing band de luxe.
The Juke Joints nous
inflige une belle leçon de blues rock roots et efficace, auquel il
est difficile de résister !
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