FRANCAIS

Les Ramoneurs de Menhirs  (FRANCAIS) posté le mercredi 19 mai 2010 21:05

Blog de alternativesound :Alternative Sound, Les Ramoneurs de Menhirs

Tout adolescent anormalement constitué a forcément été marqué au fer rouge par les Bérurier Noir. Etant né en 1979, j'étais trop jeune pour les voir en live à la fin des années 80. Mais je me suis rattrapé en 2003 en allant à leur concert de reformation aux Transmusicales de Rennes. Un moment qui restera gravé dans ma mémoire, un concert de folie sous forme de karaoké punk géant, avec un public connaissant les paroles par coeur, et un climat de guerre civile à l'extérieur (vitrines brisées, éclats de verres et autres débris recouvrant le bitume, gaz lacrymo...) Ils ont ensuite enchainé quelques dates, sorti un disque posthume ("invisible") et l'aventure s'est arrêtée là, ce qui n'est pas plus mal.

Depuis, Loran, le guitariste des Bérus, a formé les Ramoneurs de Menhirs. On y retrouve la même fureur communicative que les Bérus, mais le tout est passé à la moulinette BZH. Aux boites à rythmes et guitares typiquement béruriennes, s'ajoutent donc des binious, cornemuses et un chant (en partie) en breton. Après un premier album en 2006, "dans on diaoul" (la danse du diable), ils viennent de sortir un nouveau disque encore plus dévastateur, "amzer an dispac'h" (le temps de la révolte). Ce mélange de punk et de musique bretonne est d'une efficacité redoutable, en particulier lorsque Louise Ebrel, chanteuse de kan ha diskan (musique traditionnelle bretonne), vient pousser la chansonnette. Mais sur la majorité du disque, c'est un chant bien punk qui vous attend, très proche des Bérus et avec pleins de "oî oî ôi", à brailler en coeur. On retrouve également un autre invité de luxe, Gilles Servat venu participer à une nouvelle version de "la blanche hermine".

Original et qui défouraille sévère, "dans an diaoul", deuxième album des Ramoneurs de Menhirs, est fortement conseillé aux fans des Bérus et de punk en général.

PS : Ils ne tournent quasiment qu'en Bretagne, mais si vous passez par chez nous, essayez de na pas les rater !!!

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Les Colocs - dehors novembre  (FRANCAIS) posté le lundi 21 avril 2008 00:55


Les Colocs - dehors novembre

 

Je vous avais déjà parlé il y a de cela un petit moment déjà, du groupe québecois Les Colocs. Je vous avais proposé de découvrir ce grand moment de la chanson québécoise et pièce maîtresse de la formation que sont les 9 minutes du morceau "Belzebuth". A travers un texte fleuve narrant l'histoire d'un chat, Les Colocs nous offrait un formidable hymne à la liberté mais égrainé d'une certaine noirceur et à l'humour omniprésent (si vous ne connaissez pas cette chanson, il est grand temps d'y remédier en cliquant ici).

Aujourd'hui, je vous propose le très sombre et résigné "Dehors Novembre",  qui vous collera le frisson, d'autant plus lorsque l'on sait que le leader du groupe, Dédé Fortin, s'est donné la mort par hara kiri le 8 mai 2000.

 

DEHORS NOVEMBRE 

Dehors novembre je suis couché sur mon grand lit
Du coin de mon oeil par la fenêtre j'vois l'hôpital
J'suis pas capable de croire qu'y faut qu'm'arrête icitte
Mais j'suis tout seul, pis de toute façon ça m'fait trop mal

Mon corps c'est un pays en guerre su'l'point d'finir
Le général de l'armée de terre s'attend au pire
J'ai faim, j'ai frette, je suis trop faible pour me lever debout
On va hisser le drapeau blanc un point c'est toute

J'entends l'téléphone qui hurle, j'ai des amis
J'voudrais tellement pouvoir me lever pour leur parler
Leur dire allô ! C'est moi j'suis correct, j'suis toujours en vie
La planète tourne, est pas supposée tourner sans moi

Mon ennemi est arrogant et silencieux
Y s'câlisse ben d'savoir si j'suis jeune ou si j'suis vieux
Y'est sur de lui y'es méthodique y prend son temps
Y'est au service d'la mort y connaît pas les sentiments

Ces derniers jours j'ai dû vieillir de quatre mille ans
En visitant de vieux souvenirs dont j'suis pas fier
Pour la paix avec ses regrets ça prend du temps
Je me retrouve cent fois plus fatigué, trop fatigué mais moins amer

L'histoire du monde pis mon histoire sont mélangées
J'viens jsute de r'vivre cent mille autres vies en une seconde
Toutes mes conneries pis l'ambition de l'humanité
Ça r'vient au même y'a pas d'coupable y'a pas de honte

Mais j'suis heureux parce qu'au moins j'meurs l'esprit tranquille
J'vais recommencer mon autre vie d'la même façon
J'vas avoir d'l'instinct, j'vas rester fidèle à mon style
L'entente parfaite entre mon coeur et ma raison

L'harmonica c'est pas un violon, c'est pas éternel
Et pis ça pleure comme si c'était conscient de son sort
D'ailleurs à soir je me permets de pleurer avec elle
J'attends un peu, chus pas pressé j'attends la mort

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Diabologum - la maman et la putain  (FRANCAIS) posté le mercredi 09 janvier 2008 13:20


Diabologum - à découvrir absolument 
 
 

Cela faisait un petit moment que je voulais faire un post sur Diabologum, l'un des groupe rock hexagonal les plus intéressents des années 90. Je n'avais pas trop d'idée sur la façon d'amorcer l'article et  je suis tombé sur cette vidéo de "la maman et la putain". Ce morceau met en musique des dialogues du film du même nom, réalisé par Jean Eustache en 1973. Jean Pierre Léaud et Bernadette Lafont sont au générique de ce filme culte mais c'est l'intense monologue de Françoise Lebrun qui est ici remarquablement mis en musique. Titre à part de leur discographie, ce morceau est quand même l'un de leur plus réussi et d'une intensité rare.

 Diabologum : la maman et la putain

 
 
La musique de Diabologum arriva à maturité avec leur 3e et dernier album, "#3", sorti en 1996. L'alliage entre rock noisy, pop sombre, samples étranges et textes nihilistes scandés, est ici parfaitement réalisée. Ce dernier disque des toulousains est un monument de noirceur et de poésie sombre. Véritable ovni musical, ce disque fait partie des rares indispensables du rock français.
 
Le groupe se sépara en 1998, et Michel Cloup et Arnaud Michalak continueront chacun de leur côté avec respectivement  les groupes Experience et Programme
 
En bonus, le clip de "la révolution de sera pas télévisée" d' Expérience, extrait de leur album de reprises "positive karaoke with a gun", qui contient des covers de NTM, Public Image Limited, Shellac, Bonnie Prince Billy, Public Enemy... Ce morceau est une adaptation du fameux "the revolution will not be televised" de Gil Scott-Heron.
 
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The Brassens : plus dur, meilleur, plus rapide, plus fort  (FRANCAIS) posté le mercredi 28 novembre 2007 23:10


The Brassens : plus dur, meilleur, plus rapide, plus fort (Daft Punk cover) 
 

Je vous avais déjà parlé de The Brassens (voir l'article), voilà qu'ils sont de retour avec leur tant attendu 1er maxi "plus dur, meilleur, plus rapide, plus fort". Pour ceux qui ne connaissent pas encore, le principe de leur musique est de reprendre des morceaux populaires à la sauce Georges Brassens. On retrouve sur ce maxi les déjà connu "la vibe dj" (reprise de Diam's et la meillleure du lot - en écoute ici), "le mia" (d'I Am) et "le bal masqué" (La Compagnie Créôle). La seule nouveauté ici est cette énorme reprise du "harder, better, faster, stronger" des Daft Punk devenu "plus dur, meilleur, plus rapide, plus fort".
 
Bref, c'est très fort, très drôle et indispensable. C'est sorti chez "Les Disques Bien" pour environ 7 euros.
 
(Info de dernière minute : il semblerait que le disque soit retiré de la vente. je n'en connais pas encore les raisons. Affaire à suivre...) 
 
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Les Colocs - belzébuth  (FRANCAIS) posté le vendredi 30 mars 2007 14:38


 
Lors de mon 1er séjour à Montréal, en 1999, le 1er groupe québecois que l'on m'a fait écouter était Les Colocs et plus particulièrement cette chanson : "Belzébuth".
 
Durant un peu plus de 9 minutes Les Colocs nous narrent les aventures de ce chat épris de liberté et qui finira réincarné en oiseau.
Magnifique, aussi bien dans le texte que dans les arrangements, cette chanson est de loin leur meilleure et figure sur le dernier véritable album du groupe "Dehors Novembre".
 
L'aventure du groupe pris fin d'une manière tragique en 2000 par le suicide de son leader, Dédé Fortin. Il aura profondément marqué le Québec des années 90 et comme le dit la préface du livre qui lui a été consacré ("Dédé" par Raymond Paquin) : "c'est l'histoire d'un gagnant se prenant pour un perdant, l'histoire d'un p'tit bonhomme qui avait le monde à ses pieds, mais qui préférait la vie d'oiseau".
 
 
J'habite dans un appart' tranquille

J'arrive à peine ça fait une heure
Jusqu'à maintenant j'ai la vie facile
Malgré que c'est pas encore le bonheur

J'ai visité tous les recoins
Je sais que mon maître est bien nanti
J'ai fait mes griffes, mes petits soins
Et ça m'a creusé l'appétit

J'appelle mes instincts de chasseur
Je cherche un petit animal
Je peux tout voir dans la noirceur
Je suis un chat bien normal

Si jamais y passe une souris
J'y fais la passe du samouraï
Les poissons rouges c'est du sushi
Faut que j'en mange un avant que je m'en aille

Comme ça mon nom c'est Belzébuth
Personnellement je trouve ça épais
Qui c'est qui peut ben vivre icitte
Ça doit être un couple de bourgeois

De toute façon c'est plate à mort
Cette maison-là c'est une salle d'attente
Maudit que ça l'air de fun dehors
Montrez-moé de quoi qui va me surprendre

Le mois passé j'ai vu une chatte
Qui est surnommée Elizabeth
Elizabeth et Belzébuth
Dans mes oreilles le beat est bon

Après ça j'ai regardé la TV
Un documentaire sur les panthères
Y'a quelque chose qui m'a inspiré
Mais les annonces me tapaient sur les nerfs

Ah! Demain dimanche, un autre jour je m'en fous
J'irai, j'irai dans la ruelle
J'irai là où mon coeur m'appelle
Y'est pas question que je passe ma vie
Emprisonné dans ma petite tête
Je suis un félin insoumis
Je tiens mordicus à bien paraître

C'est pas ma place c'est évident
Ça va finir par me tuer
Le look, l'odeur, l'air ambiant
M'enlèvent le goût de respirer

Le chat qui était là avant moé
S'est suicidé dans le temps des fêtes
Un pessimiste avec une grosse tête
Qui avait de la suite dans les idées

C'est pas de ma faute si à tout bout de champs
Une joie intense me monte à tête
Ça arrive comme ça naturellement
Chu chimiquement fait pour la fête

J'ai beau faire une tête d'enterrement
Y'a personne qui me prend au sérieux
Chu très jaloux très secrètement
De la profondeur des malheureux

Ah! Demain dimanche, un autre jour je m'en fous
J'irai, j'irai dans la ruelle
J'irai là où mon coeur m'appelle
Y'est pas question que je passe ma vie
Emprisonné dans ma petite tête
Je suis un félin insoumis
Je tiens mordicus à bien paraître

Couché en boule dans mon petit coin
J'écoute parler mes petits bourgeois
J'ai l'air d'un chat, j'ai l'air de rien
Que c'est qu'y disent à mon sujet

Ça parle de griffes, ça parle de couilles
Ça me met dans une drôle d'atmosphère
Ça me dresse le poil, ça me fout la trouille
C'est quoi ça un vétérinaire

Y'en a un des deux qui se vire vers moé
Y'a un air louche, ça a l'air sérieux
Y'est trop imbécile pour deviner
Toute la frayeur qu'y'a dans mes yeux

Ça y'est, ça y'est j'ai tout compris
Y'essayent de m'enterrer vivant
Fuis Belzébuth, let's go c'est le temps
Et sauve qui peut et sauve ta vie

La ruelle qui m'attend, mois je fais mon scénario
Dans un travelling avant à travers les poubelles
C'est le party, c'est la nuit et c'est un bon départ
Me voilà qui crie action et la musique démarre

Dans une contre plongée
Je remarque un mouvement
Un gros matou perché,
C'est un vrai monument
Je connais personne icitte,
Toi comment tu t'appelles

Vu la grosseur que t'as,
M'as t'appeler colonel
Y me dit :

"Fiston toé qui as l'air si mignon
Frais débarqué dans la réalité
Ouvre bien tes oreilles,
Je le dirai pas deux fois
Ici c'est pas pareil, c'est moi qui fait la loi

T'as encore des couilles au cul,
Je m'en suis aperçu
Encore des griffes aux pattes ah!
Ben ça, ça m'épate
Moi j'ai pas eu cette chance
Y me reste plus qu'une seule bourse
Mais fais-moi confiance
Je suis toujours dans la course

On m'a ôté mes griffes, mais je sais bricoler
J'ai mis une lame de canif
Regarde comment elle est
Bien droite, au bout de ma patte
Elle fait dans le quartier office de justice
Peu importe la faute, partout sur mon chemin
Un matou téméraire est un matou de moins

Bon! Avant que je m'arrache
Juste une petite dernière
À propos d'une rumeur qui circule dans le coin
Paraît que tu pisses partout, c'est pas une idée
Y'a déjà des jaloux
Qui commencent à flipper salut!"

Mon élan vers l'horizon se voit interrompu
Quand au bout de la ruelle, oui je l'ai reconnue
Celle qui par ma fenêtre
Est entrée dans mon coeur
Comme une balle perdue, une chatte en chaleur

C'est dans un vieux hangar qu'Elizabeth m'invite
Avant que les autres arrivent
Fait ça ben fait ça vite
La TV ça a du bon, je me souviens des panthères
C'est sans explication
Je sais très bien comment faire

Nos deux coeurs qui ronronnent
Et dans un moment de folie
L'extase c'est merveilleux pour tous les insoumis
Elizabeth chante l'amour vingt décibels trop fort
La ruelle en alerte c'est l'écho de la mort

Cinquante chats enragés
Envahissent le hangar
Tous les fauves de la ruelle
Veulent me trancher le cou
Je sens l'haleine de la guerre
Et j'ai le goût du sang
Les poils volent dans les airs
Et les cris sont stridents

Au nord, au sud, à l'est, à l'ouest
Impossible de s'enfuir, aucune porte de sortie
Soudain le colonel arrive
Et tous les autres chats se poussent
Je salue mon ami qui vient à ma rescousse

Un silence inquiétant, Elizabeth a peur
Si c'est lui son amant je pense j'ai fait une erreur
Un halo de lumière le découpe en silhouette
Son visage sort de l'ombre et rencontre le mien

Et juste comme j'allais dire adieu Elizabeth
Il me sort sa lame, sa seule griffe d'argent
Qui transperce mon âme et fait couler mon sang

Des kilomètres, des kilomètres,
Soif dans la gorge, mal dans les pattes
Surtout surtout ne pas penser
Sinon mon coeur arrête de battre
Chu pris en feu, je me sens renaître,
Je cours plus vite que le désespoir
Je crie au secours de tout mon être
Que j'ai peur de jamais revoir
Je sens, je sens des ailes pousser,
Sur mes épaules et dans mon dos
Métamorphose je t'attendais,
Moé c'est pu moé c'est un oiseau
Je vais enfin pouvoir m'enfuir
Exactement comme dans mon plan
Y me reste juste cinq secondes à vivre,
J'ai déjà perdu trop de sang

En survolant ma banlieue morte
Je remercie le vent qui me porte
Je pense à ma belle Elizabeth
A doit se demander ce que j'ai fait

Pour ma neuvième et dernière vie
J'avais mérité le confort
J'ai ben fait de partir plus tôt
Mon coeur préfère la vie d'oiseau

Tous les jours dimanche, je peux voyager partout
Aussi longtemps que j'aurai des ailes
J'irai là où mon coeur m'appelle
Y'est pas question que je redescende
Sauf peut-être pour aller manger
En attendant ça peut attendre
Je goûte au bonheur, chu pas pressé

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