Liam Farrell, aka Doctor L, éternel homme de l'ombre, est pourtant un personnage responsable d'un nombre sidérant de disques des plus excitants depuis environ 20 ans. Il a touché à peu près à tout les styles : tout d'abord batteur dans les années 80 pour les Rita Mitsouko, Taxi Girl ou les Wampas, il s'est illustré comme concepteur sonore avec Assassin, puis en tant que producteur pour Bashung, Rodolph Burger, Bumcello et pour Tony Allen, pour lequel il a réussit à créer un afro-beat futuriste et ambitieux, grâce aux fortes doses d'électro et de psychédélisme qu'il a insufflé à "black voices". Il crée ensuite avec lui le collectif Psycho On Da Bus, où il nous offre à nouveau une nouvelle oeuvre d'afro beat mutant, où cette fois le groove de Fela Kuti se retrouve conjugué avec le jazz fusion du Miles Davis du début des 70's.
Sa carrière solo est elle aussi exemplaire et on retiendra surtout son 3e album, "monkey dizinness", un très grand disque où se mêle abstract hip hop, soul, funk, psychédélisme et folk.
Après ce coup d'éclat, il faudra attendre 7 ans avant que le Doctor produise un nouvel effort solo. Mais "land escape", sorti en 2010, s'était avéré quelque peu décevant. On est donc heureux de le retrouver cette année avec un disque tutoyant de peu ce qu'il a produit de mieux. Cette nouvelle galette, intitulée "the great escape", est de plus un beau résumé de la carrière solo du franco-irlandais.
"The great escape" est un disque riche et varié où Doctor L laisse une nouvelle fois éclater ses talents de compositeurs, producteurs et de multi-instrumentiste.
Ceux qui suivent sa carrière à la trace connaissent déjà quelques morceaux de cette nouvelle offrande, certains titres étant déjà apparus sur les compilations "hard 2 find" du label Colored Inc, et la reprise en compagnie d'Antibalas du "family affair" de Sly & The Family Stone", rebaptisé "family of fear" était déjà sorti en 45t en 2006. D'ailleurs, "une affaire de famille", voilà un slogan qui pourrait résumer la façon de travailler Doctor L sur ce nouvel album, puisqu'on y retrouve de nombreux invités (Asa, Allonymous, Tony Allen, David Walters, The Nairobi Descendants...), avec lesquels il collabore régulièrement depuis de nombreuses années.
Les 12 titres de "the great depression" oscille entre free jazz, afro beat, électro, soul, blues, spoken words, le tout passé à la moulinette voodoo et sous effluves de basses bien grasses. Pour bien décrire la richesse et la diversité de ce disque, il faudrait s'atteler à une description "track by track", mais je préfère vous laisser la surprise en vous laissant le découvrir par vous même. Mais pour vous faire un petit résumé, "the great depression" sonne comme une collaboration imaginaire entre George Clinton, Miles Davis, Gil Scott Heron et Fela Kuti.
"The great depression" renoue avec un Doctor L en grande forme et bonne nouvelle, ce nouvel opus est la 1ere partie d'une trilogie. On se réjouit d'avance de la suite...


























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