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FELA KUTI - coffin for head of state (1981)  (mes vinyles) posté le mercredi 27 mai 2009 21:37

Difficile de piocher dans l'immense discographie de Fela Kuti. Une quarantaine  d'albums et très peu de déchets. Mais pour beaucoup, le créateur de l'afro beat a sorti ses meilleurs disques durant les années 70, lorsque Afrika 70 (mené par Tony Allen) l'accompagnait. Et il est vrai que cette période à vu naître un bon nombres de chefs d'oeuvres : "zombie", "expensive shit", "kalakuta show", "I.T.T.", "water no get enemy"... (on na va pas tous les énumérer tant ils sont nombreux...). Et iI est aussi vrai que les enregistrements avec les Egypt 80 durant la décennie suivante sont tout de même un niveau en dessous, même si l'on y trouve tout de même quelques perles comme "original sufferhead" par exemple.

Mais revenons aux Afrika 70 et à l'un des derniers albums enregistrés par Fela avec cette formation : "coffin for head of state". Le "Black President" nous avait habitué jusqu'alors à une musique de combat. Même si l'on y retrouve tout de même ses thèmes de fétiches, cet enregistrement est d'une nature différente : triste et mélancolique. Et pour cause, il rend hommage à sa mère décédée en 1978 (défenestrée par les militaires lors dune attaque à Kalakuta, quartier où Fela avait fondé une république résistant au gouvernement nigérien et où il avait instauré ses propres lois).

"Coffin for head of state", dont la pochette représente le cortège mené par Fela pour déposer le cercueil de sa mère devant le siège du gouvernement, est une longue prière d'une vingtaine de minutes divisée en 2 partie. La face A, exclusivement instrumentale, est basé un rythme afro beat distillé avec plus de retenu que d'habitude, la mélodie s'immiscent petit à petit dans nos esprits.

La face B, basée sur l'instrumental de la face A, est agrémentée de la prose de Fela. Il commence par une prière pour sa mère, enrichie d'une touche gospel chantée par ses femmes ("amen, amen amen"). Il revient ensuite à ses thèmes habituels en s'attaquant au gouvernement et à la corruption.

Au final, Fela nous pouvait pas rendre plus bel hommage à sa mère et nous gratifie d'un de ses plus beaux morceaux. "Coffin for head of state", morceau le plus émouvant de son répertoire, fait donc partie des nombreux enregistrements indispensables de Fela Kuti.

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KING CRIMSON - islands (1971)  (mes vinyles) posté le vendredi 24 avril 2009 16:03

Lorsque l'on évoque la bande à Robert Fripp, "in the court of crimson king" est de suite cité comme référence. Viennent ensuite "red" et "larks' tongues in aspic". Loin de moi l'idée de rabaisser ces classiques (quoique, selon moi, "red" est loin de faire partie de leurs meilleurs disques), mais si il y a bien un disque du roi cramoisi qui me tient particulièrement à coeur, et qui est sous estimé, c'est "Islands". Celui ci est leur quatrième album et marque en quelque sorte une rupture. En effet, entre "lizard", sorti un plus tôt", et celui ci, le groupe a été complètement remanié, à l'exception Mel Collin (flûte, saxophone) et du parolier Peter Sinfield, auteur des textes pour la dernière fois.

On reconnaît tout de même sans problème le style inimitable façonné par Fripp sur les trois précédents opus mais "islands" se veut plus introverti et approfondi les expériences free jazz, psychédéliques et les atmosphères proche de la musique de chambre. Fripp, s'est d'ailleurs plus investi dans la composition que dans l'interprétation. Son mellotron et sa guitare sont en effet nettement moins présentes qu'auparavant. C'est aussi sûrement leur disque le moins agressif et le plus space.

"Formentera lady" ouvre le bal au son du violoncelle suivit par une flûte envoûtante et une mélodie douce et mélancolique. Cette relative ambiance apaisante va être perturbée à partir de la septième minute par l'apparition crescendo de sonorités étranges annonçant "sailor's tale" qui nous emmène dans un tourbillon psychédélique mémorable avant de subir les assauts de la grosse rythmique cuivrée de "the letters" et les dérives free du saxophone.

"ladies of the road" se veut un blues poisseux entrecoupé d'harmonies vocales à la Beatles. Viennent ensuite le majestueux "prelude : song of the gulls", inspiré de la musique classique, puis l'épique "islands", très épuré, avec le piano en avant et tout juste relevé par un sax déviant en fin de plage. Ce morceau, pièce maîtresse du disque, clôt le disque en apothéose.

Esotérique et subtil, "Islands", est un disque du King Crimson à (re)découvrir absolument et qui peut être une délicieuse porte d'entrée à l'univers complexe du projet de Robert Fripp.

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DEMON FUZZ - afreaka (1970)  (mes vinyles) posté le mercredi 18 mars 2009 13:50

Blog de alternativesound :Alternative Sound, DEMON FUZZ - afreaka (1970)

Quand on tombe, dans un bac à disques, sur le vinyle de Demon Fuzz, on est tout de suite interpellé par la pochette où l'on peut voir une sorte de catcheur cagoulé et torse nue, comme on en voit dans la Lucha Libre. Par contre, musicalement, ce n'est pas la musique mexicaine qui est à l'honneur mais plutôt un condensé quasi parfait de la musique afro du début des 70's. Comme un mix endiablé entre les Funkadelic, Sly & The Family Stone, The Meters et Jimi Hendrix. On ne sait pas grand chose de ce septet anglais, dont ce "afreaka" est l'unique album, sinon qu'il se sépara après 18 mois à écumer les clubs undergrounds du pays.

Malgré cette courte durée d'existence, le groupe a laissé des traces indéniables et nombreux seront les groupes en Angleterre (The New Tonics, Osibissa, Cymande, Assagai...) à suivre la voie et à fusionner ainsi rock psychédélique, funk, jazz et rythmes afro. Demon Fuzz est donc le précurseur de la vague afro-rock qui sévit au Royaume Uni au début des 70's. Mais, de toutes les formations issues de cette scène, c'est Demon Fuzz qui sonne le plus rock.

L'album est composé de cinq plages oscillant entre 5 et 10 minutes. La musique de Demon Fuzz incorpore certains éléments du rock progressif en proposant plusieurs mouvements au sein d'un même morceau. Malgré cela, on ne ressent aucune lourdeur à l'écoute. Au contraire, tout est fluide ; un groove tranquille et contagieux s'immisce ainsi sans difficulté dans nos oreilles qui en redemandent. "Past, present & future" ouvre le bal avec une longue intro instrumentale où une guitare rock nous emmène petit à petit vers un funk groovy à souhait, où l'orgue et les cuivres prennent le dessus. Le funky soul "Desillusionned man" est d'une facture plus classique, et nous permet de découvrir le timbre chaleureux du chanteur Smoky Adams. Tout s'enchaîne ainsi sans temps mort jusqu'à "Mercy (variation n°1)" qui clot le disque dans une marche tribale et funky qui nous pousse irrémédiablement à remettre l'autre face à la fin de celle ci. En somme, ce "afreaka" de Demon Fuzz est un classique trop méconnu qui mérite d'être ressorti de l'ombre !

 

Si vous avez aimé Demon Fuzz, vous aimerez aussi :

- Assagai : afro rock (1971)

- Cymande : cymande (1972)

- Osibisa : osibisa (1971)

 


Demon Fuzz

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GONG - you (1974)  (mes vinyles) posté le dimanche 08 mars 2009 11:39

Blog de alternativesound :Alternative Sound, GONG - you (1974)

Gong est un groupe franco australo-franco-anglais crée par David Allen, guitariste de Soft Machine. Entre 1973 et 1974, ils enregistrent la trilogie "Radio Gnome", dont "you" en est la conclusion. Les deux premiers volets, "flying teapot" et "angel's egg", étaient déjà de haut vol, mais ce "you" est sans conteste le meilleur de la trilogie et un véritable monument de "space rock".

Mélangeant allègrement rock psychédélique, jazz, ambiant, électro, krautrock, etc, la bande à David Allen vous embarque de gré ou de force, dès les premières notes, sur une autre planète et "you" vous mettra irrémédiablement en transe à chaque écoute. Une petite voix étrange vous alpague sur les deux premiers morceaux, ("thoughts for naught", "A.D.H.P.'s advice"), vous préparant ainsi à un voyage sonore cosmique comme vous en avez sûrement rarement entendu. En effet, les trois morceaux suivants ("magic mother invocation", "master builder" et "a sprinkling of clouds") atteignent des sommets de psychédélismes et vous emmèneront très loin. Durant ces trois morceaux, on perd tout repère et toute connexion avec la réalité. Après un tel décollage, l'étrange "perfect mistery", qui ouvre la face B, va vous aider à redescendre, même si on s'aperçoit que l'on ait arrivé dans un monde des plus étrange. Mais à peine les pieds posés sur cette nouvelle planète, on se remet à léviter et à parcourir en apésenteur cette zone non définie ("isle of everywhere"). Tout ceci est irrationnel et ce n'est pas ce "you never blow your trip forever" final qui vous aidera à recoller avec la réalité.

Vous l'avez compris, Gong vous propose avec "you", disque cosmique, drôle et déjanté, un voyage intersidéral sous LSD, dont vous ne sortirez pas indemne.


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Mulatu Astatke - ethio jazz (1974)  (mes vinyles) posté le vendredi 13 février 2009 14:02

Blog de alternativesound :Alternative Sound, Mulatu Astatke - ethio jazz (1974)

Mulatu Astatke est connu pour être le créateur de l'ethio-jazz, c'est à dire un mélange de jazz et de musique traditionnelle éthiopienne, à la fin des années 60.

Joueur de Congas, vibraphones et percussions diverses, il a eu l'idée de ce mélange musical à son retour en Ethiopie, après avoir vécu en Angleterre et aux Etats Unis. Ce mélange totalement inédit à l'époque est un véritable délice pour l'oreille entre groove tranquille et easy listening. Il réalise une symbiose parfaite entre musique latine et éthiopienne, jazz et funk, le tout saupoudrée d'une légère pointe de psychédélisme.

On a pas mal parlé de lui ces dernières années grâce à Jim Jarmusch qui a utilisé sa musique pour la bande originale du film Broken Flowers et aussi par l'intermédiaire du label "Buda Records" et la série de compilations "Ethiopiques" dont le volume 4 lui est entièrement consacré.

Mulatu Astatke est aujourd'hui le plus célèbre représentant de la musique éthiopienne mais cet album, "ethio jazz", fait partie de ceux qui ont le moins bien vendus. La recette de cet album reste sensiblement la même que celle de son précédant effort, "mulatu of ethiopia", sorti deux ans plus tôt, mais il a amélioré sa formule secrète en gagnant en groove et en chaleur.

Par conséquent, cet enregistrement en compagnie du saxophoniste et flûtiste Fekade Amde Maskal est sûrement son plus beau disque et un "must have" absolu pour les amoureux de cette musique. Ce mélange de jazz et de musique traditionnelle éthiopienne est ici à son apogée avec les classiques que sont devenus aujourd'hui "yekerme sew" et "gubelye". L'ethio jazz de Mulatu frôle même le free jazz par moment, notamment sur "dewzel" qui conclue l'album.

On conseillera tout de même aux néophytes de commencer par la compilation "Ethiopiques volume 4". Mais pour les puristes où ceux qui veulent posséder des enregistrements originaux, c'est par celui ci qu'il faut commencer.


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